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LA
FAMILLE DES BOURBONNAISES
Pour les amoureux des cornemuses du Centre, tout a commencé
en fait avec la cornemuse 16 pouces, en sol-do, seule musette
fabriquée et pratiquée dans le Centre dans
les années 50 et 60.
Donc,
première étape, j’ai fait des cornemuses
16 pouces. On jouait avec de violons, des accordéons.
On a développé ensuite, dans le Bourbonnais,
un style de jeu qui nous plaisait beaucoup à l’époque,
sur la vielle à roue. Manque de chance, ce style,
pour la vielle, demande des instruments accordés
en ré, accord dit « bourbonnais ». C’était
délicat de jouer avec nos cornemuses en do. Je voulais
donc un instrument qui puisse avoir la même étendue
que la vielle en ré, pour jouer à l’unisson.
Donc,
deuxième étape, apparition de la cornemuse
20 pouces, en ré-sol. Encore une fois dans une logique
coupée de la tradition, parce que lorsque j’ai
fait ma première 20 pouces, je n’avais pas
encore vu de grande bourbonnaise ; j’ai fait les 20
pouces par extrapolation des 16 pouces. A la même
époque, on a commencé à fouiller les
malles, les musées et les collections privées,
et nous avons exhumé toute cette batterie mythique
de grandes cornemuses bourbonnaises incrustées .
Cela m’a posé beaucoup de questions, et ces
instruments se présentaient à nous comme des
choses archaïques, hors de portée, disparues.
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Troisième
étape : à la suite de discussions avec Rémi
Dubois, nous nous sommes dit qu’il pourrait être
intéressant d’adjoindre aux 20 pouces une cornemuse
aiguë, compatible, donc en la-ré, la 14 pouces.
D’où la naissance du couple 14-20, qui a eu
son heure de gloire, une étape importante de la musique
de cornemuses de Centre de la France. Pour tous les cornemuseux,
ça a été une espèce de bouffée
d’air, donnant naissance à des créations,
à des disques, au plaisir de jouer en couple. Très
rapidement, on a commencé à mieux connaître
les grandes bourbonnaises anciennes ; j’ai mesuré
de grands instruments. Les plus grands étaient des
24 pouces, censés jouer en si.
J’ai poussé la chose un peu plus loin en complétant
l’ensemble par une basse qui joue une octave en dessous
de la 14 pouces : instrument qu’on appelle maintenant
la 26 pouces, donnant naissance aux formations en trio.
Il faut bien remarquer que cette logique est harmonique,
basée sur le jeu à la quinte et la quarte.
Bernard Blanc
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"Les
vielleux du bourbonnais"
(de gauche à droite)
Jean-Claude Blanc, Frédéric Paris, Patrick
Bouffard, Bernard Blanc |
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